Portrait d'artiste
DE L'ART COMME HERITAGE FAMILIAL
Native du Togo, Makhélé est issue d'une famille de 6 enfants dont elle est la fille cadette.
Chef tirailleur pour l'Armée française, son père a officié en tant que recruteur pour des conflits majeurs: Indochine, Algérie sont autant de guerres que "le vétéran" a traversées, entre rivières de gnole et coulées de sang. Il en revient vivant à chaque fois, toujours plus gradé et flanqué de bouteilles nécessaires à noyer le souvenir marquant des combats.
Vaillant soldat, le père de Makhélé ancre profondément la notion de solidarité dans l'éducation qu'il prodigue à ses enfants, leur apprenant qu'ils sont liés les uns aux autres comme le sont les brins d'un balai solidement attachés: l'union faisant la force, chacun des brins pris séparément, arraché à sa lignée, est facile à briser. Cet enseignement familial scellera la vocation de Makhélé, qui fera de la solidarité un crédo marquant ses collaborations, ses objectifs et son travail...
LE PRESAGE D'UN DESTIN EXCEPTIONNEL...
Makhélé reçoit de son père un autre enseignement majeur, qui va bouleverser sa vie: le savoir-faire artistique, ou plus exactement les bienfaits de la créativité issue de l'union entre travail manuel et imagination. A ses heures perdues, le père confectionne des vêtements avec des sacs en plastique colorés qu'il ramassait au hasard (bienheureux) des rues. Il réservait ces habits à sa cadette, Makhélé, à qui il prédisait un destin spécial; la faveur de l'apparat et la force de ce présage n'a pas tardé à provoquer la convoitise et l'envie au sein de la famille...
Au cours d'un rite initiatique, Makhélé est frappée par une onde de lumière qui annonce et confirme les prédispositions que son père lui avait présagées...
Si la prophétie se confirme, la jalousie insoupçonnée de ses pairs ne tarde pas à semer malversations et désunion: la métaphore du balai défait se concrétisait, la désunion vint à anéantir les relations fraternelles; certains membres de la fratrie en ont appelé aux mauvais esprits pour écarter puis éteindre la lumière qui émanait de leur soeur...
Depuis, Makhélé a dû se confronter à un chemin semé d'embûches, auxquels se sont ajoutés des problèmes de santé mais, fidèle à l'instinct de guerrier hérité de son père, elle ne s'est jamais détournée ni de sa vocation créative, ni de ses objectifs, continuant à mettre en place ce qui devait constituer l'oeuvre de sa vie.
Sur le modèle paternel, Makhélé met en place le "don" de créer, encore et toujours, apprenant en parfaite autodidacte les techniques variées qui esquissent la griffe de son style, dont la dominante absolue consiste à donner naissance à la couleur...

